De nuit

De la série « De garde 24/7 - Saison 4 »

La nuit : comment éviter de tourner au ralenti avec des effectifs réduits? 

La nuit, l'hôpital fonctionne à effectifs réduits, mais il n'y a pas moins d'action pour autant. Le calme apparent est souvent trompeur; les infarctus et les accouchements n'attendent pas le lever du soleil. Quand tout est fermé, l'urgence devient également l'ultime filet pour ceux qui ont des problèmes sociaux ou psychologiques. L'équilibre demeure précaire. On fait l'impossible, on accomplit parfois de petits miracles, mais quand des vies sont en jeu, on réveille aussi parfois des collègues… 

Le Dr Éric Gagnon aime bien les nuits à l'urgence, même si c'est difficile. Il ne peut pas compter sur l'expertise de la vaste équipe de jour et doit demeurer très concentré pour ne rien laisser passer qui requiert son attention. Entre une dame ayant besoin de soins psychiatriques et un homme aux idées suicidaires, il réanime un patient en infarctus. 

La Dre Valérie Zaphiratos, anesthésiologiste, apprécie l'ambiance de la nuit à l'hôpital. « Il y a un bel esprit d'équipe. C'est un peu plus silencieux, mais c'est un calme trompeur. Tout à coup, le téléphone peut sonner et il va falloir qu'on embraye pour gérer une urgence… J'adore ça! » La poussée d'adrénaline, cette nuit-là, viendra d'un bébé qui ne va pas bien et qui nécessitera toute sa concentration. 

Comme gynécologue-obstétricienne la Dre Ann-Edwidge Noël est toujours sollicitée la nuit. « C'est reconnu qu'il y a plus d'accouchements la nuit », explique-t-elle. Lorsqu'elle sent que l'épuisement la guette, elle dort quelques minutes dans une salle de garde réservée aux médecins. « Je ne dors jamais sur mes deux oreilles ici. S'il y a une éventuelle urgence, je suis prête. » 

Assistant-infirmier en chef, Pierre-David Gagné coordonne le bloc opératoire de nuit. Les ressources mises à sa disposition sont limitées, et lorsque les urgences s'accumulent, c'est à lui qu'incombe la tâche de réveiller des spécialistes et des collègues afin qu'ils viennent en renfort. « Comme dirait Forrest Gump, la nuit au bloc opératoire, c'est comme une boîte de chocolats; on ne sait pas sur quoi on va tomber. » 

Le soir à l'urgence, il n'est pas rare que les cas psychiatriques ou sociaux soient plus nombreux. La Dre Mona Khattabi croit que la nuit suit parfois ses propres règles auxquelles elle doit s'adapter. « On travaille avec un nombre limité d'informations la nuit. La dynamique est différente, le questionnaire est différent, l'approche au patient est différente. » 

Date de diffusion : 14 février 2019

2018
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